Comment réduire ses déchets ménagers en 6 étapes

Dans un mode de vie « zéro-déchet », l’acte de remplir puis sortir les poubelles peut vite devenir un « challenge ». Cet acte devient en effet le baromètre de notre production de déchets ménagers, l’image en temps réel de notre impact sur l’environnement.

Ainsi, dans notre parcours vers une vie plus éco-responsable, chaque remplacement de produit ou recherche d’alternative est passé par « test de la poubelle ».

A chaque fois, il y a eu un geste, celui de jeter quelque chose qui allait finir à l’incinérateur et qui était le geste de trop.

Bien sûr, notre changement de mode de vie nous a apporté beaucoup plus qu’une réduction du nombre des poubelles. Néanmoins, comme c’est une partie visible et facilement quantifiable, elle permet d’aborder de façon synthétique les étapes qui mènent à la réduction de nos déchets ménagers. Mais aussi à modifier sa façon de consommer et d’être au monde.

☆ Les chiffres des déchets ménagers en France

Selon l’Ademe, chaque année un français produit 354 kg de déchets ménagers (hors déchets verts mais avec recyclage du verre et du carton).

Répartition des déchets ménagers dans nos poubelles

En 2016, à Toulouse Métropole (765 260 hab.) la part des OMR – Ordures Ménagères résiduelles – (après recyclage et/ou compostage) représentait 277 kg/hab/an

Auxquels il faut ajouter 39 kg/hab/an d’emballages et papiers recyclables et 20 kg/hab/an de verre. Sur le SICOVAL, communauté de communes du Sud Toulousain ayant mis en place la tarification incitative, la part des OMR était de 177 kg/hab/an en 2016.

En France, le traitement de nos déchets ménagers se répartit ainsi :
 Incinération : 30 %
 Décharges : 36 %
 Recyclage : 20 %
Gestion biologique : 14 %

Ademe

Néanmoins, ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg des déchets produits en France chaque année. En prenant en compte les déchets professionnels (BTP, industrie, agriculture, activités de soin), on atteint 13,8 tonnes de déchets produits par an et par habitant.

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Les chiffres clés des déchets en France @Ademe

☆ Nos déchets ménagers : avant

Avant de basculer du côté #zérodéchet (de la force, hihi), notre production de déchets ménagers correspondait environ à :


1 SAC DE 20 litres / SEMAINE


Soit environ 80 LITRES / MOIS

  • les déchets alimentaires (reste de repas, un peu de gaspillage aussi)
  • la poubelle de la salle de bains (cotons, cotons tiges, couches…)
  • les emballages de plats préparés ou légumes congelés 
  • les objets cassés et petit outillage
  • les blisters de magazines et revues…
  • les emballages plastiques divers issus d’objets neufs : cadeaux, objets achetés…

1 BAC DE 20 litres de recyclables / Semaine


Soit :

  • les cartons d’emballages alimentaires
  • les bouteilles en plastique (jus d’orange, cola…)
  • les emballages en brique (lait, crème fraiche…)
  • papiers et cartonnettes divers

Et aussi 1 tour tous les 15 jours au RECUP’ VERRE au bout de la rue pour jeter bouteilles en verre & bocaux.

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Les 2 bacs de poubelles à la maison @C. l’air du temps

☆ Les étapes

▷▷ ETAPE 1 : Remplacer le JETABLE par du DURABLE

Notre société industrielle s’est construite sur le modèle de la croissance économique par la (sur)consommation. Ainsi, dans une logique de linéarité et non une circularité, on nous pousse à acheter, utiliser puis jeter. L’appauvrissement de la qualité des produits, leur volontaire obsolescence programmée, leur production à bas coup encouragent cette dynamique.

Ainsi, pour réduire ses poubelles visibles (et invisibles), il faut rompre cette linéarité et opter plutôt pour une circularité !

On privilégie des objets dans des matériaux naturels et pérennes comme le bois, l’inox, le fer… Ces objets durent plus longtemps, peuvent se trouver d’occasion et se réparer plus facilement. Pour les vêtements, par exemple, on privilégie les achats de seconde main, et si on doit faire des achats neufs, on investit dans les matières sobres, naturelles, de bonne qualité qui pourront durer longtemps.

▷▷ ETAPE 2 : Valoriser les BIODECHETS & réduire le gaspillage alimentaire – 30%

Les « déchets » organiques représentent 30% de la taille de notre poubelle : épluchures, restes de repas, gaspillage alimentaire… 

Zero Waste a la double signification « zéro déchet » mais aussi « zéro gaspillage » et à la base de cette démarche. Il y a l’idée de réduire la production de déchet à la source. Ainsi, il est important de réduire le gaspillage alimentaire : en achetant moins et en quantité nécessaire et suffisante, en cuisinant les restes, en utilisant les épluchures…

Ensuite, pour les déchets organiques restants, le compost, lombri compost permet de les  transformer en matière riche et fertile utilisable ensuite au jardin. On vous invite à lire notre article complet sur le compost pour plus de détails

▷▷ ETAPE 3 : Acheter en VRAC et faire soi-même – 30%

C’est devenu une « icône » du zéro déchet : faire ses courses en vrac – comprendre sans emballage – est un des inconditionnels de la démarche. C’est ainsi que nous faisons 90% de nos courses depuis maintenant 4 ans. 

Au départ, c’est un routine à adopter : partir avec des sacs à vrac ou des sachets kraft qu’on réutilise dans son panier. C’est ensuite une habitude qui s’ancre comme un réflexe. 

Acheter en vrac peut se faire dans les magasins équipés de distributeurs d’aliments sans emballages. La plupart du temps il s’agit de magasins bio même si les grandes surfaces (sentant le vent tourner) s’y mettent de plus en plus. Mais l’endroit où il est le plus facile d’acheter sans emballage : c’est le marché ! On met ses légumes et ses fruits directement dans le panier, on présente nos boites chez le crémier ou notre bocal au marchand d’olives : on a consacré un article complet sur le marché si vous souhaitez y jeter un oeil.

Acheter des aliments bruts, non préparés, non transformés nécessite forcément de cuisiner, faire soi-même. Il est vrai qu’on s’habitue si facilement à acheter des plats préparés qu’on passe au micro-ondes faute de temps. Néanmoins, retrouver le chemin de sa cuisine est un vrai gain pour sa santé également.

Il est aussi possible d’acheter tous les ingrédients pour faire soi-même ses produits ménagers. Le vinaigre blanc, le bicarbonate et le savon de marseille achetés au détail deviennent vite nous meilleurs amis pour un ménage sain, zéro déchet et économique.

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Acheter sans emballage est une des étapes essentielles @C. l’air du temps
▷▷ ETAPE 4 : REFUSER

C’est un des piliers de la démarche zéro waste, un des « 5R » est REFUSER. Dit comme ça, cela peut paraître simple et pourtant c’est peut-être une des choses les plus difficiles à faire sur la longueur : savoir et oser refuser :

Les pailles dans mon soda

La pub non désirée dans ma boite aux lettres

Ce sac en plastique qu’on me tend à la caisse

Cet objet publicitaire qu’on me tend, au flyer ou au cadeau….

Et pourtant en disant NON, on évite de ramener chez soi, d’accumuler ou jeter tout un tas de choses dont au final, on n’a pas besoin et qui n’ont pas d’utilité réelle. Et ça contribue sacrément à diminuer la taille de la poubelle, de nos poubelles.

Réduire ses déchets ménagers de 90%
4 kilogrammes de déchets ménagers à l’année @C. l’air du temps
▷▷ ETAPE 5 : Bien trier ses déchets recyclables

Le tri sélectif est souvent présenté comme l’acte écologique par excellence. Nous avons longtemps nous-mêmes pensé que nous étions de bonnes citoyennes en triant nos déchets.

Or, pour réduire réellement et durablement nos déchets, il faut réduire à la source leur production même. Dans cette optique, le tri sélectif n’arrive qu’en dernier recours : après avoir réduit au minimum les emballages alimentaires (avec les courses en vrac, les consignes notamment), avoir composté ses bio-déchets et réduit ses achats neufs.

Car le recyclage a ses limites : en effet si environ 65% des papiers-cartons et des 55% du verre sont recyclés correctement pour être réutilisés comme matières premières, le plastique lui est très peu valorisé et réutilisé comme matière première : entre 7% et 20% seulement.

D’autant plus que recycler les matières demande beaucoup d’énergie. Or, à l’heure de la transition énergétique – où il est nécessaire de réduire nos émissions de C02 – la priorité n’est pas à en produire du CO2 pour recycler des matières dont la consommation pourrait être diminuée voir évitée.

Les consignes de tri sont propres à chaque commune, chaque centre de tri. Pour apprendre à bien trier, on vous conseille  :

• notre article sur notre visite du centre de tri sélectif de Toulouse

• l’article de notre amie Lucie pour s’y retrouver dans les logos du recyclage

▷▷ ETAPE 6 : Changer ses habitudes de CONSOMMATION

Pour éviter de jeter et réduire ses déchets ménagers, il faut changer ses habitudes de consommation en général. Réparer plutôt que jeter, réutiliser les objets pour allonger leur durée de vie en achetant de seconde main par exemple, refuser d’acheter certaines choses dont on peut largement se passer, privilégier l’achat de produits sans emballages…

Il existe bien d’autres façon de vivre que par la consommation : on peut troquer, échanger, acheter d’occasion, réparer ses objets dans des repairs café, utiliser une monnaie locale comme le sol violette sur Toulouse…

Comment réduire ses déchets ménagers de 90%
4 sorties de poubelles annuelles @C. l’air du temps

☆ Nos déchets ménagers : après

Cela fait bientôt 4 ans que nous avons changé notre mode de vie pour les actions citées précédemment, voici ce que ça donne en terme de réduction des déchets ménagers :


1 SAC DE 20 litres / 3 mois soit 950grs environ


 

Soit environ 60 LITRES / AN >>>> Réduction de 95%

  • les déchets alimentaires (reste de repas, un peu de gaspillage aussi :s) nous faisons attention à gaspiller moins ou pas en utilisant les restes, en achetant le juste nécessaire et pour le reste, nous compostons 
  • la poubelle de la salle de bains (cotons, cotons tiges, couches…) les options réutilisables sont plébiscitées : les cotons, les cosmétiques solides sont autant d’options qui permettent de ne plus rien jeter dans la salle de bains. D’ailleurs la poubelle n’existe plus à cet endroit
  • les emballages de plats préparés ou légumes congelés (rares pour les premiers, fréquents pour les seconds) nous n’achetons plus rien de préparé. Nos courses concernent uniquement des aliments bruts, non transformés et nous prenons le temps de faire à manger 
  • les objets cassés et petit outillage : les objets cassés sont toujours présents, on recycle par contre le petit outillage non utilisé 
  • les blisters de magazines et revues… Il reste toujours quelques blisters fins
  • emballages plastiques divers issus d’objets neufs : de cadeaux, d’objets achetés… Pour les cadeaux ou encore les vêtements, nous privilégions l’achat d’occasion, ainsi il n’y a aucun emballage. Mais il arrive qu’on nous offre un cadeau qui contient ce type d’emballage.

2 BAC DE 20 litres de recyclables / Mois


Soit une réduction de 50% :

  • les cartons d’emballages alimentaires il en existe encore mais à la marge : pour certains produits que nous ne trouvons que comme ça et dont que nous n’avons pas supprimé comme les spaghettis par exemple 
  • les bouteilles en plastique (jus d’orange, cola…) ces produits ont disparu de nos placards : nous avons opter pour les bouteilles en verre de préférence consignées
  • les emballages en brique (lait, crème fraiche…) même si nous essayons de faire notre lait végétal, nous achetons encore des briques de crème ou de lait
  • papiers et cartonnettes divers : nous avons réduit drastiquement, et nous en mettons un maximum dans le composteur comme apport de matière brune (uniquement ceux sans encres)

Et aussi 1 tour tous les mois au RECUP’ VERRE au bout de la rue pour jeter bouteilles en verre & bocaux.

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Les irréductibles : blisters, emballages de prises non trouvées au détail… @C. l’air du temps

☆ Au-delà de la poubelle

Bien sûr, quand on entame une démarche pour faire attention à ses déchets ménagers, l’objectif est « in fine » de réduire ses poubelles.

Mais ce dont nous sommes convaincues c’est qu’au final tout ça est bien plus qu’une histoire de pesée de poubelles !

L’engagement slowlife, écoresponsable ou tout autre surnom qu’on pourrait bien lui donner permet de se rapprocher de quelque chose de plus… juste.

C’est voter pour un autre modèle de société : on vote avec son pouvoir d’achat, en choisissant de rediriger son argent vers le local, l’économie circulaire..

Cet engagement nous mène à des considérations qui vont bien au delà de la poubelle. C’est le sentiment vivant de faire partir de ceux qui avancent dans la bonne direction et qui, par leur actions – grandes ou plus petites – font avancer le monde de demain pour changer la prédiction désastreuse qu’on lui promet…

Alors… Prêt.e.s à réduire vos déchets ménagers ?

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8 réflexions sur “Comment réduire ses déchets ménagers en 6 étapes

  1. Mumi dit :

    Bravo!!!! Vous êtes des modèles pour moi..
    J essaie moi aussi de réduire mes déchets en achetant en vrac, en cuisinant un maximum et en faisant le tri sélectif… j admets que mon gros point noir est le tri de mes déchets organiques… dans ma ville (Marseille) pas grand chose est mis en place pour ça et j avoue qu un composteur d appartement m enchante guère…
    En tous cas merci pour vos articles qui sont très inspirants et instructifs

    • C.l'air du temps dit :

      Merci pour ta réponse ! Et tes gentils mots ça nous ravit de te lire ! Tu as regardé du côté des jardins partagés ? Pour avoir eu des retours sur des lombri composteurs ça ne sent vraiment rien
      Mais il faut se lancer quand tu te le sens !

  2. Cleopiti dit :

    Beau parcours que le vôtre !
    A la lecture de cet article (et aussi de biens d’autres blogs sur le même sujet), je m’aperçois que depuis toujours (j’ai 48 ans), mes déchets sont peu importants.
    C’est une habitude acquise dès l’enfance : on recycle ce qui peut l’être et on ne met au rebus que l’irrécupérable.
    Alimentairement, il faut vraiment que cela représente un danger sanitaire pour que cela finisse à la poubelle !
    L’achat en vrac est un bon moyen à condition d’avoir les lieux acceptant l’apport de son propre contenant, ce qui demeure encore rare ici (54).
    Heureusement, le 0 déchet étant tendance depuis quelques années, les modes d’achat de mon enfance reviennent, espérons seulement que cela ne soit pas uniquement un effet de mode.
    Bonne continuation et transmission.

  3. Préchais dit :

    Bonjour, je suis sur ma démarche zéro déchets depuis environ 3 ans, mais j’ai toujours ce même problème concernant les os : la carcasse de poulet je la congèle et lorsque j’en ai besoin, je la mijote avec avec des légumes pour faire un bouillon, ca me permet en même temps de récupérer le reste de chaire, ma question que faire de cette carcasse une fois cuite??? et les os de côtes de porc après un bon barbecue?
    Merci pour votre blog.

    • C.l'air du temps dit :

      Bonjour ! En réalité, les os peuvent être mis dans un compost mais se décomposent très lentement. Il est conseillé d’en mettre en petite quantité et si possible de les réduire en petits morceaux au préalable… Ensuite si vous avez un jardin grand, peut-être les enterrer ?

  4. laplumedelapassion dit :

    Bravo pour cette belle initiative et pour ces précieux conseils. J’essaye à mon tour depuis plusieurs mois déjà de réduire mes déchets et de me rapprocher d’un mode de vie low waste pour ne pas dire zéro waste. Bon courage !

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